Imprimer

Axes de recherche

Axe « Santé »

Les travaux en cours de plusieurs membres du CSU font émerger la santé comme un champ de recherche prometteur au sein de l’équipe et concourent à l’émergence d’un centre de gravité autour de ce thème, dans un contexte national et international où la santé fait débat.

Depuis une trentaine d’années, les inégalités sociales de santé se creusent – entre classes sociales comme entre Nord et Sud de l’hémisphère, voire au sein des pays développés entre ceux dont la médecine est considérée comme « de pointe » et les autres, dont les franges les plus aisées de la population vont se faire soigner ailleurs, tandis que se développe un « tourisme médical » vers les pays où les soins dits de confort sont à moindre coût. La santé est tout autant un objet de débats, récurrents : sur le « dérapage » des dépenses, la « crise de vocation » des praticiens, la reconfiguration de l’offre de soins, la privatisation du système de santé... que de scandales, tels ceux du sang contaminé, de l’hormone de croissance, de l’amiante ou de plusieurs médicaments comme le Distilbène, à la fin des années 1970, ou tout récemment le Mediator.

La santé est bel et bien un enjeu social et politique central, appréhendée comme tel par les praticiens comme par les sociologues, et le risque sanitaire comme un élément singularisant les sociétés contemporaines. Pour autant, en matière de risque sanitaire, les politiques de santé oscillent — voire tergiversent en particulier dans le cas français entre généralisation annoncée du principe de précaution et monétarisation du risque, au détriment de politiques actives de prévention.
Au sein de l’équipe, la santé comme enjeu politique fait l’objet de plusieurs directions de recherche :

  • Usages politiques et sociaux des sciences, savoirs et normes sanitaires
  • Pratiques professionnelles et engagements militants dans le champ médical
  • Droit des malades, pouvoir des usagers


Toutes convergent vers l’analyse critique de la production de normes sanitaires ou des usages et des pratiques de soin comme point d’entrée dans l’analyse des rapports de domination (de classe, de sexe et/ou de race) — et de leur contestation —, croisant des questionnements de recherche portés par deux des axes transversaux du CRESPPA, « Travail et classes sociales » et « Genre et rapports sociaux de sexe ».
Plusieurs enquêtes en cours articulent ces questionnements, dans le cadre de thèses, de recherches collectives ou d’animation de séminaires. Ainsi, dans leurs recherches doctorales, Nicolas Larchet analyse-t-il la réforme des pratiques alimentaires des classes populaires à La Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina pour montrer comment opère une sanitarisation (et par là même une dénégation) du problème social de la pauvreté ; Maud Gelly, quant à elle, dans sa thèse centrée sur les pratiques professionnelles et militantes de dépistage du sida, analyse les logiques d’appropriation militantes et profanes des pratiques médicales de dépistage. Outre ces recherches doctorales, plusieurs membres de l’équipe CSU sont engagés dans des projets, individuels ou collectifs, dont les résultats pourront être présentés au cours du prochain quinquennal. Marie Ménoret achève une recherche consacrée aux usages contrastés de la notion d’autonomie dans la pratique et l’expérience des soins anticancéreux avant de mettre en œuvre, en septembre, un nouveau projet, consacré cette fois aux différents états sociaux (attribués et/ou co-construits) des survivants à long terme d’un cancer. Coline Cardi, Joan Cortinas, Audrey Mariette, Cédric Lomba et Laure Pitti mènent actuellement une recherche qui a reçu l’appui de l’université Paris 8 au titre des projets d’aide à la recherche innovante pour la période 2012-2013 et traite des rapports entre praticiens de santé et classes populaires et, au sein des praticiens, sur les logiques de division du travail médico-social, à partir d’une enquête en Seine-Saint-Denis et Wallonie. Enfin, deux séminaires portés par des membres de l’équipe CSU en collaboration avec des chercheurs d’autres équipes attestent du développement de ce thème « Santé » au sein de l’équipe (séminaire Corps et sciences sociales, co-organisé par Sébastien Lemerle, Dominique Memmi et Stéphanie Hennette-Vauchez, avec l’EHESS et la MSH-Paris Nord ; séminaire Maladies industrielles et mobilisations collectives, co-organisé par Laure Pitti et Pascal Marichalar, avec le DIM GESTES).


20 mars 2016

Axe « Ville » : catégories et ségrégations urbaines

La ville est une thématique fondatrice du CSU et les travaux poursuivis aujourd’hui reprennent certains des apports majeurs des travaux plus anciens, du point de vue des approches – appréhension de l’espace urbain comme site d’observation et d’analyse des classes sociales ; insistance sur les (...)  Lire la suite

Axe « Culture »

L’équipe CSU développe une perspective originale dans l’étude des arts et de la culture, renforcée et approfondie avec l’arrivée dans les dernières années de jeunes chercheur-e-s et les collaborations nouées en particulier autour du projet IMPACT financé par l’ANR (2009-2012). La sociologie de la culture (...)  Lire la suite


Positionnements méthodologiques

Approches quantitatives, qualitatives et sociohistoriques

Hier réservées à quelques initiés, les données quantitatives de la statistique publique (registres administratifs et enquêtes par sondage) sont devenues beaucoup plus accessibles aux chercheurs en sciences sociales. La critique sociologique ancienne des données quantitatives et des nomenclatures s’est (...)  Lire la suite

« Genre et Rapports sociaux de sexe »

Participant à la thématique Genre et rapports sociaux de sexe du projet du CRESPPA, le CSU n’en a pas moins également une approche des rapports sociaux de sexe spécifique produite par la proximité au sein de l’équipe des autres thématiques, notamment le travail, la culture, et le politique, et, depuis (...)  Lire la suite


^