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C.Bessière, S.Gollac, Le genre du capital - CRESPPA - UMR 7217

Ouvrages

 

Céline Bessière, Sibylle Gollac, Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités, Paris : La Découverte, coll. "SH / L’envers des faits", février 2020 – 336 p.
- Forthcoming in February 2023, Harvard University Press : The Gender of Capital : How Families Perpetuate Wealth Inequality, translation by Juliette Rogers.

Résumé / Abstract :
On sait que le capitalisme au XXIe siècle est synonyme d’inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l’on sait moins, c’est que l’inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d’une génération à la suivante. Conjointes et conjoints, frères et sœurs, pères et mères n’occupent pas les mêmes positions dans les stratégies familiales de reproduction, et n’en tirent pas les mêmes bénéfices. Fruit de vingt ans de recherches, ce livre montre que le capital a un genre.

Céline Bessière et Sibylle Gollac enquêtent sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit. Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff et MacKenzie Bezos, des transmissions de petites entreprises à l’héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes. Ce livre analyse ainsi comment la société de classes se reproduit grâce à l’appropriation masculine du capital.

Why do women in different social classes accumulate less wealth than men ? Why do marital separations impoverish women while they do not prevent men from staying or becoming wealthy ? This book approaches the institution of family from a materialist point of view, breaking with the dominant sociological theory of economically disinterested relations in contemporary families. Through an original blend of ethnography and statistics, this book builds on the works of the economists, in the wake of Thomas Piketty, who observe a return to property inequality, based on the legacy of capitalism in the twenty-first century. It reconsiders the effectivity of legal changes that profess formal equality between men and women, while condoning inequality in practice.
Drawing on research spanning twenty years, the authors analyze what they call family wealth arrangements. They break with the common understanding of the family as an emotional haven of peace in a brutal capitalist world. Spouses and partners, brothers and sisters, fathers and mothers do not play the same part in family strategies of social reproduction, nor do they reap the same profits from them. The family is an economic institution that plays a central role in the production, circulation, control and evaluation of wealth. The meaning of this economic institution is revealed, in particular, in moments of marital breakdown and inheritance.
From the single mothers of the French “Yellow Vest” movement to the divorce of Jeff and MacKenzie Bezos, from the legacy of family businesses to the estate of the Trump family, the mechanisms of control and distribution of capital vary according to social class, yet they always result in the dispossession of women. Capital is gendered. This book describes how class society is perpetuated through the masculine appropriation of capital.

- ISBN de l’édition originale : 9782348044380
- Table des matières sur le site de l’éditeur
- Table des matières sur Cairn.infos

25 juillet 2022

Sibylle Gollac

Chargée de recherche au CNRS
Cresppa-CSU
Page personnelle